| Mardi soir, nous avons répondu à l'invitation d'ATD Quart-Monde à Noisy le Grand, pour un retour de la journée du 24 décembre de "Noël solidaire". Après un repas convivial et quelques crêpes, nous avons partagé un moment de témoignage avec quelques volontaires de l'association. Chacun d'entre eux s'est exprimé pour nous offrir leur vision de leur service et du rôle de l'association au sein du quartier, de la France et du monde. ATD (Aide à Toute Détresse) s'est formée sous l'impulsion du père Joseph Brezinsky en 1969, suite à son arrivée dans le camp de sans-logis mis en place par l'abbé Pierre, quelques années auparavant, à Noisy. Le père Buzinsky avait connu la misère dans sa jeunesse, mais les conditions de logements de ces familles dont la société ne voulait pas entendre parler (de même que l'on ne parlait pas de pauvreté, à l'époque) l'ont poussé à agir et à porter leur cause devant les grandes institutions de ce monde. Un peu plus tard est né la notion de Quart-Monde qui va se rajouter au nom initial, et qui désigne les gens très pauvres, partout dans le monde, qui vivent dans la misère et le dénuement le plus total (C'est un dérivé de Quart-état, notion en vigueur à la révolution française). Leur action va dans le sens de la réhabilitation de ces individus et de ces familles à travers une réinsertion dans la société (l'apprentissage ou la recherche d'un emploi pour les adultes, la scolarité et les activités de loiusirs pour les enfants, l'accès à la culture pour tous,...), et une vie en communauté au sein du quartier dans des logements décents. Il m'est apparu que l'action de volontariat qu'il nous ont décrite est, plus qu'un service, un choix de vie. Je sentais, un peu à l'image de ce que décrivait Marie, bénévole depuis un an et demi avec son mari, qu'il était difficile de mettre des mots sur ce qu'ils vivaient, mais que c'était un véritable choc que de découvrir les gens avec lesquels ils travaillent (et non: "pour lesquels ils travaillent"), avec tout ce que cela comprend en enrichissement personnel, mais aussi en doute et en détresse par moments. De fait, les volontaires n'étaient pas très loquaces, à l'image de Simon, le burkinabé 100%, qui passait la parole aux autres volontaires à longueur de temps avant de nous avouer que son passé militantiste (JEC, JOC) au Burkina l'avait amené jusquà ATD dont les valeurs lui avaient tout de suite plu, d'autant plus que sa mission s'inscrit dans la continuité de son action passée. Mariette, la petite nouvelle, jeune bachelière, nous a elle fait part de son choix de faire un break avant de reprendre des études dans le secondaire, car elle avait besoin de voir autre chose et qu'elle avait entendu parler du volontariat civil. Aujourd'hui, elle ne regrette rien, elle est pleine d'espoir et de force pour reprendre des études en psychomotricité, et se dit prète à intervenir dans les lycées pour témoigner de son expérience et de la richesse que lui a procuré le volontariat civil à ATD:"Il suffit de donner peut de choses, et on reçoit d'eux, on reçoit, on reçoit... tant!" Le dernier mot aura été une phrase du père Bresinsky:"On ment aux pauvres, on ne tient pas les promesses qu'on leur fait. Alors nous, essayons de tenir nos engagements et notre parole envers eux." Il était déjà tard, et nous n'avons pas pu vraiment échanger quant à l'expérience du 24 décembre, mais ce n'est que partie remise. A Noisy ou à Ivry? Matthieu |